dimanche 23 août 2015

Bulletin des joueurs - 22 août 2015 vs Philadelphia

Bulletin des joueurs – 22 août 2015 vs Philadelphia Union

Performance plus qu’ordinaire pour l’Impact en ce premier match de Didier Drogba. Si j’avais écrit ce bulletin aussi lentement que l’Impact construisait ses attaques, vous ne l’auriez lu que la semaine prochaine.

Evan Bush : 6/10
Pas grand-chose à dire sur Bush, Philadelphie n’ayant cadré que 2 tirs durant tout le match. Il me semble par contre que son jeu au pied et ses relances étaient correctes.

Donny Toia : 5.5/10
Solide défensivement, il n’apporte pas grand-chose à l’avant. Manque de mouvement pour se démarquer et combiner avec ses partenaires.

Wandrille Lefèvre : 6/10
Pas mal toujours bien positionné, mais rate quelques passes qui semblaient a priori faciles. Souffre du manque de mouvement des attaquants.

Laurent Ciman : 6.5/10
Un roc à l’arrière malgré une ou deux fautes de placement, tente des longs ballons et des transversales pour faire bouger un peu le bloc de Philadelphie, mais sans succès. Souffre lui aussi du manque de mouvement des avants, essaie quelquefois de monter lui-même avec le ballon, ce qui illustre bien sa frustration.

Ambroise Oyongo : 6/10
Un peu plus actif sur le flanc que son collègue Toia, mais ne réussit pas à déborder autant qu’à l’habitude.

Callum Mallace : 5.5/10
Essaie très fort, mais rien ne se passe. 

Marco Donadel : 7/10
Certains me trouveront généreux, mais avec le manque de dynamisme des joueurs autour de lui, je l’ai trouvé très bon dans la distribution du ballon. Pas aussi efficace sur les coups de pied arrêtés, mais crée tout de même de bonnes chances. Pour une fois, sa faute ayant mené au carton jaune était pertinente parce qu’elle a stoppé une action dangereuse.

Dilly Duka : 4.5/10
Manque de percussion et de mouvement, prend trop de temps pour contrôler avant de donner son ballon. Jouer à deux touches, ça va, mais à cinq, c’est plus compliqué.

Johan Venegas : 5/10
Mis à part son retourné acrobatique en fin de match, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Je pense qu’il serait plus efficace sur le côté que dans l’axe.

Andrés Romero : 4/10
N’essaie pas très fort, et rien ne se passe.

Dominic Oduro : 6/10
Exploite bien sa rapidité, mais un peu moins actif qu’à l’habitude. Rate sa seule chance de marquer du match. Plutôt efficace quand il passe de la pointe à l’aile droite, mais manque de précision dans le dernier geste.

Didier Drogba : 7/10
Dès son entrée, l’animation offensive s’en est trouvée améliorée. A obtenu au moins deux chances de marquer et a été très efficace dos au but. Très encourageant.

Justin Mapp : 6.5/10
Manque un peu de réussite dans ses passes et doit retrouver son synchronisme, mais est quand même 100 fois plus efficace que Romero.

Anthony Jackson-Hamel : -

N’a pas assez joué pour que lui donne une note, mais j’aime bien ce qu’il amène à l’attaque. Au moins lui ça a l’air de lui tenter de marquer.

jeudi 13 août 2015

Rapport de match FC Montréal Vs TFC II

12 août – FC Montréal 2 Toronto FC II 1


Rapport de match


Sachant que je manquerais le match Impact-Whitecaps en soirée, je me suis dit qu’il fallait coûte que coûte que je trouve un moyen d’avoir ma dose de foot pour la journée. C’est donc au guidon de mon 18 vitesses que j’ai traversé la ville, bravant la pluie et les nids-de-poule, pour assister au match du FC Montréal contre le Toronto FC II sur le terrain synthétique adjacent au Stade Saputo. Notons tout d’abord que l’heure du match était ma foi plutôt particulière puisque le coup d’envoi était donné à midi trente un mercredi. Heureusement, votre humble serviteur occupant un emploi plutôt chiche ces temps-ci sur le nombre d’heures de travail par semaine, il lui a été possible d’assister pour vous à ce derby académicien.
L’équipe du FC Montréal était entièrement composée de joueurs de USL, à l’exception du nouveau venu à l’Impact Kyle Bekker qui, selon moi, aura vu plus de minutes dans ce seul match que durant ce qui reste de la saison MLS.
Le match a bien début pour les bleuets puisque, autour de la 7e minute, le grand slack camerounais Jacques Haman provoque la défense balle au pied et, alors qu’il tente de déjouer 3-4 défenseurs torontois, il est fauché dans la surface. Une minute plus tard, Jérémie Gagnon-Laparé transforme le penalty et Montréal prend les devants 1-0.
Montréal continue de dominer le jeu pendant une dizaine de minutes avant de progressivement abandonner l’initiative aux Torontois, la faute à un milieu de terrain qui court un peu à gauche et à droite sans être vraiment efficace. Disons que ça paraissait que JGL et Bekker n’étaient pas très habitués à jouer ensemble. Malgré l’ascendant de Toronto en deuxième moitié de première demie, c’est le FC Montréal qui obtient les meilleures chances de marquer, notamment grâce à la vitesse de ses ailiers, en particulier Alessandro Riggi, qui donnent du mal aux latéraux torontois. Parlant des défenseurs torontois, je les ai trouvés plutôt lents et, mis à part engueuler la juge de touche et l’arbitre, ils n’ont rien fait de bon. Le latéral Mark Anthony Kaye en particulier aurait mérité un carton ou un petit coup d’épaule bien placé pour l’ensemble de son œuvre. Malgré la générosité de ses défenseurs, le gardien torontois est juste assez bon pour garder son équipe dans le match.
Après être rentré aux vestiaires avec l’avance, le FC Montréal est revenu avec plus d’aplomb en début de deuxième demie. La construction offensive montréalaise était simple, mais efficace, passant souvent par les rapides ailiers supportés par un bon mouvement collectif. Jacques Haman m’est apparu plutôt bon pour jouer dos au jeu et garder le ballon, mais ses appels n’étaient pas toujours à point. Reste que, après quelques chances manquées, Montréal ajoutait un but à son avance grâce à une tête bien placée du grand Camerounais suite à un bon centre du latéral Sukunda. Restait une petite demi-heure à gérer pour engranger une autre victoire, ce que les jeunes montréalais ont plutôt bien réussi. Le blanchissage a glissé entre les doigts du FC Montréal en toute fin de match suite à une passe en retrait que le gardien Paulin a pris dans ses mains, ce qui a mené à un coup-franc indirect dans la surface transformé par le Torontois Manella à la 91e minute. Mis à part ce faux-pas en fin de match, la défense a été très solide et le gardien alerte, ce dernier y allant de plusieurs sorties avec le poing pour éloigner des ballons aériens qui auraient pu être dangereux.

En somme, la performance du FC Montréal a été à l’image de la météo pendant le match : 2-3 averses violentes, mais, la plupart du temps, plus de soleil que de nuages. Il s’agissait du premier match de la USL auquel j’assistais depuis le tout premier de la saison, encore contre le TFC II, et j’ai vu une énorme amélioration au niveau de la cohésion d’équipe du FC Montréal. Ça augure bien pour la fin de la saison, puisqu’après avoir croupi au dernier range pendant un bon moment, Montréal remonte au classement avec notamment une fiche de 6-1-1 lors de ses 8 derniers matchs et se retrouve à 7 points d’une place en séries. Prochain match le 22 août contre l’équipe de dernière place, les Hammerheads de Wilmington, une équipe dont le nom fait pas mal East Coast League, si vous voulez mon avis.

lundi 10 août 2015

Le football, ombre et lumière d’Eduardo Galeano


L’histoire du football est un voyage triste, du plaisir au devoir.


Eduardo Galeano est disparu il y a peu de temps. Poète, essayiste et chroniqueur, il était aussi un passionné du ballon rond. Ne supportant aucun club en particulier, il se disait lui-même un « mendiant de bon football », recherchant d’un stade à l’autre le beau jeu. C’est en hommage à ce sport qu’il aimait tant qu’il a écrit en 1995 El fútbol a sol y sombra, ou Le football, ombre et lumière  en traduction française, dont une nouvelle édition est parue à l’automne 2014 chez Lux éditeur.
Galeano affectionne l’écriture fragmentaire : comme dans Mémoire du feu, les chapitres du livre sont très courts et traitent chacun d’un sujet en particulier - un événement, un joueur. C’est à ce rythme haletant que le lecteur plongera dans l’histoire du football telle que vécue par un passionné.
Le livre peut aussi bien se lire du début à la fin qu’au hasard des pages. Bien que la structure soit chronologique, rien n’empêche d’y errer comme on le fait d’un stade à l’autre à la recherche du beau jeu, à la différence que, dans ce livre, on y trouvera plus souvent qu’autrement son compte. Débutant par des considérations générales sur le football, ses protagonistes et sa préhistoire, le livre continue par la suite sa progression suivant les Coupes du monde qui, de 1930 à nos jours, rythment la vie des amateurs de tous les pays.
Pour l’amateur de longue date, Le football sera un délice; pour le profane, il sera une révélation. En effet, nul besoin de connaitre tous les protagonistes qui ont forgé l’histoire du foot pour apprécier le propos du livre. Une des grandes qualités de Galeano, c’est de nous raconter ses anecdotes comme s’il parlait de ses vieux amis. Au fil de la lecture, on apprend graduellement à mieux les connaître. Pas nécessaire, donc, de connaître son histoire du football sur le bout de ses doigts pour apprécier le livre de Galeano, mais une chose est certaine, vous en saurez immensément plus après l’avoir refermé. Quand Messi sortira une feinte qui fait tomber le défenseur adverse sur son derrière, vous pourrez même épater la galerie en y allant d’un « tiens, ça me rappelle Garrincha à la Coupe du monde de 58! »
Deux spécificités caractérisent l’écriture de Galeano : d’abord le ton qui, comme je l’ai déjà mentionné, est celui de l’anecdote racontée par un ami qui vous parle de ses souvenirs avec passion, racontant les prouesses de Zamora, Pelé ou Puskás comme il les a vues. Cette subjectivité assumée et mise de l’avant fait en sorte qu’en lisant Le football, on se sent un peu comme si on prenait un verre dans un petit bar de Montevideo avec le vieux Galeano qui nous raconte ses souvenirs, et qu’on tourne les pages comme on commanderait sans cesse un nouveau verre pour que la soirée ne finisse jamais.
L’autre aspect important de Football, c’est la poésie qui l’habite. Galeano manie la plume comme un avant-centre manie le ballon en driblant 10 joueurs avant de marquer : ça danse, virevolte, vous transporte, vous enthousiasme, vous révolte ou vous fait rêver et, quand finalement l’action est conclue, ça vous habite des jours durant. Lire Le football c’est un peu comme revivre le but du siècle de Maradona à l’extrême ralenti. L’écriture de Galeano ne donne pas à voir, elle fait vivre.
Il s’agit donc d’une histoire poétique d’un sport élégant, pourtant entaché de nombreux scandales et marqué par plusieurs récupérations peu glorieuses au fil des années. Les plus récentes révélations concernant la corruption à la FIFA ne surprendront en rien ceux qui auront lu Le football. Comme l’annonce le titre, si Galeano célèbre la beauté du football, il n’en oublie pas moins la forte part d’ombre que ce sport projette depuis ses débuts. De la récupération politique des régimes fascistes et dictatoriaux au racisme et à l’intolérance de certains de ses protagonistes, le beau sport qu’est le football peut facilement devenir l’un des plus laids. Mais si les régimes militaires d’Amérique du Sud ou les dictatures d’Europe ont par le passé utilisé le football à des fins de propagande, il est aussi vrai que, de nos jours, il est récupéré par une élite économique qui le dépouille toujours plus de son essence, de sa beauté, de sa spontanéité, de sa gratuité. Le jeu est devenu « business ». Sur ce point, Galeano prend très clairement le parti de la dénonciation d’une décadence du sport qu’il affectionne et qu’il ne reconnaît parfois plus, plaidant sans trop y croire pour un retour au beau jeu.
Ces considérations plus sombres ne devraient toutefois pas entacher notre plaisir de lire ce texte qui m’apparaît fondamental à une bonne compréhension du phénomène footballistique à travers le temps et l’histoire. S’il est vrai que Galeano peut parfois sembler – avec raison – mélancolique, il reste que l’espoir n’est jamais qu’à un drible de revenir au galop :

L’histoire du football est un voyage triste, du plaisir au devoir. À mesure que le sport s’est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de jouer pour jouer. […] Le jeu est devenu spectacle, avec peu de protagonistes et beaucoup de spectateurs, football à voir, et le spectacle est devenu l’une des affaires les plus lucratives du monde, qu’on ne monte pas pour jouer mais pour empêcher qu’on ne joue. La technocratie du sport professionnel a peu à peu imposé un football de pure vitesse et de grande force, qui renonce à la joie, atrophie la fantaisie et proscrit l’audace.
Par bonheur, on voit encore sur les terrains, très rarement il est vrai, un chenapan effronté qui s’écarte du livret et commet l’extravagance de feinter toute l’équipe rivale, et l’arbitre, et le public dans les tribunes, pour le simple plaisir du corps qui se jette dans l’aventure interdite de la liberté. 

dimanche 9 août 2015

8 août 2015 vs DC United
Notes des joueurs

Evan Bush : 6/10
Aurait pu passer une bonne partie de la soirée à chanter dans les tribunes avec les ultras. Trouve quand même le moyen de rater ses passes et d’être moyen en relance. Veut appuyer l’attaque en fin de match sur le dernier coup franc mais Kloklo lui coupe l’enthousiasme sous le pied.

Eric Miller 5.5/10
Match en demi-teinte pour le jeune collégien. En première demie, on aurait dit qu’il jouait avec DC tellement il leur faisait des belles passes. Appuie les efforts en attaque en deuxième demie, mais manque de finition – normal pour un défenseur latéral aussi peu expérimenté.

Wandrille Levèvre 6/10
Sortie moyenne pour Wandou, solide dans les airs, ça se gâte au sol. Match tranquille de son côté, rate un tacle glissé qui mène au but victorieux de DC.

Victor Cabrera 5/10
Pas très occupé mais est à l’origine du seul et unique but de la rencontre pour DC. Au moins, ne s’écroule pas suite à cette erreur.

Ambroise Oyongo 6.5/10
Défend bien, monte un peu plus en deuxième demie, mais a de la difficulté à combiner avec ses partenaires. Ses centres sont souvent bloqués mais quand ils réussissent, ils sont de qualité. Le meilleur des 4 défenseurs.

Andrés Romero 5.5/10
Presque invisible, essaie de créer des étincelles mais le feu ne prend pas. Au moins, se fait le porte-parole des spectateurs et envoie chier l’arbitre, comme d’habitude.

Eric Alexander 6.5/10
Joue sobrement, distribue bien le ballon, quelques pertes mais une belle ouverture qui mène à une chance de marquer. 2 prestations correctes de suite.

Marco Donadel 7.5/10
Disons qu’il a l’air pas mal plus en forme qu’au début de la saison. Fort dans les duels, excellent dans la distribution, mon joueur du match. Il me fait fermer la trappe depuis quelques matchs. Vit un peu trop dans le passé en essayant de répéter son but du mois dernier à deux reprises.

Johan Venegas 6.5/10
On voit qu’il veut, mais ça manque de lucidité en bout de ligne. Rapide, prend quelques bons tirs mais perd parfois le ballon à des moments critiques. Débuts très prometteurs.

Nacho Piatti 6/10
D’après moi il se prépare des tuques et des foulards pour l’hiver, parce qu’il tricote sur un méchant temps. Sérieux, donne-le ton ballon des fois, Nacho, tu vas le ravoir un moment donné. Je lui donne 6 juste parce qu’au moins, il provoque la défense adverse.

Dominic Oduro 6.5/10
Trouve bien les espaces mais manque de finition. Je pense qu’il a des chances au 100m contre Usain Bolt.

Dilly Duka 6/10
Correct. Comme tous les autres, manque ses occasions.

Anthony Jackson-Hamel –

N’a pas assez joué pour que je lui donne une note. J’ai bien aimé son positionnement et sa combativité, par contre.

vendredi 7 août 2015

Genèse d'une passion, ou mon coup de foudre pour Philip Lahm

Les genèses, mythologies et autres récits des origines, c’est vraiment le fun. Je me suis donc dit que la meilleure façon de lancer ce nouveau blogue, c’était de vous raconter l’improbable épopée presque rocambolesque qui m’a mené au ballon rond.

***

Je devais avoir 7 ans et déjà, je jouais au football – celui qui se joue avec les mains. La saison estivale approchait à grands pas et, pour aucune raison apparente, mon père avait décidé de m’inscrire aussi au football – celui qui se joue avec les pieds. Par chez nous on appelait ça soccer ou, dans le cas de mes grands-parents, ballon-coup-de-pied.
Mon père m’a donc reconduit un beau matin au gymnase de mon école où se tenait une espèce de camp de préparation à la saison.
Je n’ai que 2 souvenirs de la pénible heure passée à pas avoir pouvoir attraper le ballon dans mes mains et à courir à gauche et à droite comme une poule pas de tête : j’étais vraiment très poche et je comprenais rien aux règlements (je me souviens avoir été particulièrement embêté par la très complexe règle de la rentrée de touche…).
Bref, ce fut un échec lamentable et, à la fin de la séance, j’annonce à mon père que j’haïs ça le soccer et qu’il faut qu’il me désinscrive absolument parce que c’est vraiment un sport plate.
Ma carrière de joueur dans une ligue organisée a donc duré une grosse heure, dans le gymnase de la petite école d’une ville perdue sur le bord de la 40, au milieu de l’année 1994.
Pendant 12 ans, j’ai continué à jouer au football canadien à 4 essais (celui qui est joué au secondaire et au collégial dans notre belle province) sans jamais me préoccuper de soccer. Je me souviens que de temps en temps à Sports30, ils parlaient d’un certain « 11 montréalais », mais c’est à peu près tout. J’ai un souvenir assez clair de la victoire du Super Bowl des 49ers de San Francisco en 94, ou du retour des Alouettes, ou même des années noires des Canadiens à la fin du millénaire, mais j’ai beau chercher, je n’ai absolument aucun souvenir d’avoir jamais regardé une seule minute d’un match de soccer quand j’étais petit. Je m’étais fait une idée sur ce sport-là, et c’était pas positif.

***

Été 2006, ma carrière de footballeur-canadien-à-4-essais est terminée. Je végète avec mon frère par un après-midi collant du début du mois de juin dans un appart à la facture ma foi rudimentaire de l’est de Montréal. On décide d’aller au club vidéo dans le but officiel de louer un jeu vidéo, mais aussi officieusement pour profiter de leur air climatisé. On reste un bout de temps à regarder les jeux, on est un peu tentés par le nouveau NCAA mais, finalement, je sais pas qui de lui ou de moi arrête son choix sur un jeu de soccer, Pro Évolution Soccer - PES pour les intimes. Je n’ai absolument aucune idée de la raison de notre choix, mais toujours est-il que 15 minutes plus tard on joue un gros match France-Angleterre et qu’on a bien du fun. Je commence à trouver que c’est un sport pas pire, le soccer. En tout cas en jeu vidéo.
À peine quelques jours plus tard, c’est le 9 juin. Je travaille comme commis-esclave à l’épicerie Métro du coin et je vais diner à l’appart le midi. Je m’écrase en soupirant devant la télé et, quand je l’ouvre ça tombe sur un match de soccer.
- Me semblait aussi que ça commençait bientôt, la Coupe du monde, j’vas jeter un œil là-dessus, que je me suis surement dit.
C’est un match Allemagne-Costa Rica. Je connais rien là-dedans donc je sais pas qui est favori, comment ça marche les groupes ou les points, mais j’apprécie pas mal le jeu, ça joue vite, il se passe tout le temps quelque chose et je suis vraiment impressionné par le contrôle que les joueurs ont sur le ballon, on dirait qu’il leur colle littéralement au pied.
À un moment donné un petit gars de 5 pieds 2-3 prend le ballon sur le flanc gauche. Il fait 3-4 pas avec, coupe un peu au centre, juste devant le grand rectangle que je sais pas encore que ça s’appelle surface de réparation, et il te laisse partir un de ces shots de malade qui se ramasse dans le top corner du côté droit du but. Je dois avouer qu’à ce moment-là, j’ai ressenti une petite émotion. Encore aujourd’hui, comme drette-là que je suis allé revoir le but sur youtube, j’ai des frissons.
Me semblait que le monde disait qu’il y en avait jamais des buts, au soccer. Pourtant, je venais de voir un p’tit bonhomme en scorer un simonac de beau. Le match a fini 4-2 Allemagne et Philip Lahm est devenu mon premier joueur préféré. Son but, c’est un peu comme le Big Bang de mon univers footballistique (mettons).
Un mois plus tard, le lendemain de la finale perdue par la France contre l’Italie, j’avais un nouveau sport préféré. Je m’étais même acheté un ballon. Entre les matchs, moi et mon frère on allait se faire des séances de penalties au parc pas loin de chez nous.
Après ça je me suis dit que j’allais suivre la saison régulière en me concentrant sur les équipes des joueurs que j’avais appris à connaître pendant la Coupe du monde - j’avais juste pas encore réalisé qu’y avait environ 589 000 ligues dans le monde et qu’au câble ordinaire il y en avait pas tant, des matchs de soccer. Ça se résumait à un match de Ligue des champions de temps en temps et à TV5, où c’était souvent un Toulouse-Sedan pas toujours bien excitant (c’est quand même là que j’ai découvert l’OM).
Un moment donné je me suis dit que, tant qu’à suivre des petites équipes de l’autre bord de l’océan, je pourrais aussi commencer à suivre l’équipe de ma ville. Dans le temps l’Impact jouait encore au centre Claude-Robillard mais le Stade Saputo était déjà dans les plans me semble. En tout cas, la saison 2007 je l’ai suivie de loin, à la télé et dans les bulletins sportifs, mais je m’étais promis d’aller les voir quand ils commenceraient à jouer dans leur nouveau stade.
Le 19 mai 2008, il faisait un temps de marde, frette et pluie, mais je me suis quand même rendu aux abords du Stade olympique pour voir de quoi ça avait l’air en vrai, du soccer. À 20 ans, j’avais encore jamais vu ça. Ils donnaient un foulard de l’Impact à l’entrée et,avec ça noué au cou, en plus de la pluie et du vent, dans un petit stade rempli du chant des ultras que je découvrais, je me disais que ça devait ressembler à ça, être un Anglais du Yorkshire qui va encourager son équipe de 3e division. Ça m’enthousiasmait pas mal.
Le match contre Vancouver a fini 0-0, j’ai jamais eu frette de même de ma vie mais j’ai eu un fun noir. J’aurais pu les regarder jouer 6 heures de temps sans qu’il y ait de but, ce qui m’impressionnait c’était le contrôle du ballon, les appels de balle, les coups de tête, les slides, l’effet sur les coups francs, les feintes de corps, la protection du ballon. Il m’avait semblé qu’il se passait un million de petites choses en même temps sur et en dehors du terrain, les chants des ultras, l’échauffement des réservistes, les juges de touche qui couraient comme des bons pour suivre la ligne des défenseurs sur une contre-attaque, les alentours de la 60e minutes où les changements commençaient à se faire, le goaler qui met 40 ans à placer son esti de ballon avant de juste le kicker dans le tas au milieu du terrain, tout ça m’avait captivé. J’avais la chance d’avoir une équipe dans ma ville, dans un beau petit stade et, en plus, ça coûtait juste 10 piasses pour entrer.
Depuis ce jour-là, le soccer en général et l’Impact en particulier sont graduellement devenus plus importants à mes yeux que les Canadiens, les Alouettes, les 49ers ou les Fighting Irish.
C’est quand même le fun de voir à quel point le soccer a évolué en aussi peu de temps ici, j’imagine même pas ce que ça doit être pour les irréductibles qui suivent l’Impact depuis 93 ou même ceux qui ont connu le Manic dans le temps. Depuis 2008, j’ai connu un championnat, 2 belles aventures en Ligue des champions, un but à la 94e minutes d’un match de demi-finale, les streamings de qualité discutable de Radio-Canada, les terrains laittes d’équipes comme les Aztex d’Austin et le Crystal Palace Baltimore, les Whitecaps, les Sounders et les Timbers avant qu’ils soient dans la MLS, Zanzan et Luke Kreamalmeyer, mais aussi Leo DiLorenzo et Ali Gerba, l’arrivée en MLS, les foules de 3000 personnes mais aussi de 60 000, beaucoup trop de coaches différents, bref, je me suis pas ennuyé une seconde.
J’espère vraiment continuer à vibrer autant pour cette équipe et ce sport dans les années à venir. Ce blogue est en quelque sorte une façon de partager ma passion avec les quelques personnes qui le liront peut-être.

Bon, c’était pas tant une épopée, mais je pense que ce que je voulais dire,  c’est que je suis content d’être tombé par hasard en amour avec ce sport-là. Rien, mais vraiment rien ne m’y destinait avant mon coup de foudre pour Philip Lahm.


Au plaisir de vous entretenir de ballon rond le plus souvent possible!